L'église Sainte Marie-Madeleine
L'église Sainte Marie-Madeleine
Six siècle d'histoire à préserver,
un patrimoine qui raconte notre histoire,
un bien culturel, historique et architectural
Visible de plusieurs kilomètres à la ronde, l'église de Sainpuits est dédiée à sainte Marie-Madeleine (autrefois orthographiée Marie-Magdeleine).
Son plan irrégulier est formé d’une simple nef érigée à la fin du XVe et au début du XVIe siècle.
Elle fut modifiée, probablement restaurée et aménagée après la guerre de Cent ans qui ravagea ces contrées, sur les bases de l’édifice primitif dont l’époque de construction remonterait au XIIe siècle. Ceci peut être vérifié par l’observation de quelques maçonneries de la nef ainsi que l’édicule qui flanque la façade nord.
La construction de l’église s’est effectuée à l’époque de la Renaissance en utilisant le style flamboyant. De nombreuses églises de Puisaye et de Forterre datent de cette époque et sont construites dans le même style.
Son importante tour-clocher carrée s’impose à l’ouest, portail flamboyant datant du XVIe siècle. Le haut du clocher offre une vue imprenable sur le village et ses environs.
Une sacristie fut édifiée au XIXe siècle et la petite chapelle latérale située au sud fût modifiée (chapelle sainte Anne).
L’édifice abrite de nombreuses œuvres d’art, certaines sont classées.
Une statue en bronze du IIIe siècle a été retrouvée dans un champ proche du bourg au milieu du XIXe siècle. Elle atteste d’une présence humaine très ancienne. Au XIIe siècle, la Puisaye et une partie de la Forterre appartenaient au clergé séculier d’Auxerre. Elles passèrent ensuite aux barons de Toucy et aux comtes de Saint-Fargeau.
Dimensions de l'église
Longueur dans l'œuvre : 35,85m
Largeur de la nef : 8,35m
Largeur devant l'autel : 7,40m
Hauteur de la voute à la nef : 8,65m
Hauteur au sanctuaire : 7,60m
Bibliographie
Histoire des communes de l’Yonne, Maurice PIGNARD-PÉGUET, éd. de la Tour Gile, 1913.
Recherches documentaires effectuées par David-Marie GESTALDER, membre du conseil d’administration des Parvis de Bourgogne.
Présentation de l’église sur le site de la Fondation du patrimoine.
En savoir plus…
Bulletin...? Juillet 2016 à décembre 2016
Du XVe siècle à nos jours
LA FIN DE LA GUERRE DE CENT ANS
Dans les paroisses comme Sainpuits, les lendemains de la guerre de Cent Ans sont marqués par une intense politique de reconstruction des édifices religieux. L’église primitive construite au 12ème siècle a subi les ravages de la guerre et elle sera refaite en partie sur ce qui reste ou a été sauvé entre le milieu du XVe siècle et le début du XVIe siècle. La reconstruction prend une trentaine d’années pour le principal mais ne sera définitivement terminée qu’en 1600 comme l’atteste la date inscrite en bas d’une fenêtre du sanctuaire dans un losange de verre coloré en jaune. Le dynamisme de cette reconstruction implique la participation active d’une partie au moins des paroissiens pour organiser la remise en état et superviser la gestion du patrimoine. Les fonds disponibles de la paroisse sont placés dans des fondations ou des rentes.
LA RENAISSANCE
Cette période ne succède pas à l’automne du moyen âge, elle en est la prolongation. Les grands travaux débutent sous Louis XI. Les sujets respectent le roi de France grâce à l’accord signé avec le duc de Bourgogne. L’ambiance est à la reprise malgré la lourdeur de la fiscalité. Le désir de styles nouveaux importés d’Italie va influencer les modifications apportées aux églises comme Lain, Lainsecq, Sougères,Taingy reconstruites jusqu’à l’apogée de François Ier. Celle de Sainpuits en fait partie et ce nouvel art dont elle sera empreinte porte la marque du gothique flamboyant. L’accroissement de la population rurale en général et de Sainpuits en particulier fait renaître un regain d’optimisme qui dans la foi induira ces nouvelles formes sur l’édifice religieux.
L’APPELLATION DE « LA MADELEINE »
Le culte de la Madeleine à cette époque est vivement entretenu avec l’abbaye de Vézelay comme épicentre, lieu du recueil des reliques de la sainte. Cette figure religieuse, présente dans les calendriers médiévaux, devient un lien incontournable de célébration et détermine le site de la colline éclairée où se retrouvent des milliers de pèlerins. Plus à l’ouest le prieuré de la Madeleine à Orléans est une étape incontournable sur les chemins fréquentés par les Ordres tels les Templiers pour aller à Saint Jacques de Compostelle. Sainpuits se trouvant entre ces deux espaces d’influence et de communication, nul doute que cette position à la croisée des chemins fut déterminante pour dédier l’église au vocable de sainte Madeleine. Nombre d’églises reçurent ainsi le nom de la patronne des repentants pleurant leurs péchés et représentée avec sa longue chevelure et une jarre dans ses mains.
L’EXTERIEUR
Les nouvelles normes de construction appliquent les principes de l’art gothique: L’augmentation importante des volumes à partir de quelques bâtis primitifs conservés, l’esthétisme, la hauteur des fenêtres plus hautes pour laisser passer un maximum de lumière dont l’intensité est un élément de la présence divine et enfin la taille de la pierre ajustée avec précision. La face Nord garde des éléments du bâti d’origine dont une tour carrée avec ses fentes d’aération et ses fenêtres de style gothique sauf une d’origine ancienne reportée en l’état et donc sans embellissement.
A l’ouest se dresse une belle tour carrée en pierre de taille abritant le clocher. Une balustrade élégante termine ce décor délimitant une coursive où débouche un escalier. Un lanternon rappelle le style renaissance de l’édifice. L’entrée de l’ouvrage se particularise par un portail flamboyant donnant sur le cimetière l’entourant, déplacé par la suite.
Au sud présence de deux chapelles seigneuriales.
L’HISTOIRE DES CLOCHES
Avant 1775 il y avait encore deux cloches à Sainpuits dont l’une pesait 1600 livres. A cette date la seconde cloche est refondue par Mr Cochois fondeur à Chaumont-la-Ville en Haute- Marne.
Ce sont les descendants de cette fonderie associés à MM. Liébaux et Coussel qui, le 20 Juillet 1847, livrèrent la nouvelle cloche principale de 2400 livres dont la gravité du son portait au plus loin dans la région. Sous la mandature de Mr Roux, maire, la cérémonie du baptême eut lieu en présence du Baron Chaillou des Barres et de Mme Chaillou du Mée, née Billebault, respectivement parrain et marraine pour l’occasion.
En 1888, pour faire suite au désir des paroissiens, une souscription fut lancée pour l’achat d’une seconde cloche. Le marché est conclu avec le fondeur Chambon de Montargis à raison de 3 frs le kilo. La cloche pesant 700 kg le financement se monte à 2100 F (7885 euros) Le conseil de la fabrique gérant les biens d’église participe à hauteur de 400 F (1500 euros) pour cet achat, le reste étant à la charge des donateurs. L’alliage se compose de 78% de cuivre et de 22% d’étain, ce qui lui donne un son délicat. Bénite par l’abbé Crochet, curé de Sainpuits, elle se nomme « JEANNE MARIE EUGENIE ». Le parrain est le châtelain de Flacy, J- J Arthur de Chégoin, avocat, la marraine est la châtelaine des Barres, la comtesse Pierre de Kergorlay. L’opération est satisfaisante car on inaugure finalement une cloche de 702 kg de bonne qualité, main d’œuvre comprise. Les curés des villages voisins furent invités et la présence du comte Pierre de Kergorlay, de Mme de Chégoin et des membres de la fabrique donnent l’ampleur nécessaire à l’évènement. Après la cérémonie une pluie de dragées et de pièces de monnaie firent la joie des enfants.
LES TRAVAUX
1741 Claude Chaillou s’adresse aux fidèles à la sortie de la messe dite par l’abbé Claude Chrétien en leur indiquant l’urgence des travaux à faire dont le rehaussement de la charpente pour donner plus de pente à la couverture et empêcher l’eau de transpercer la route, le repiquage de la couverture et la réfection de l’escalier de la tour-clocher.
1750 Percement de la chapelle seigneuriale Sainte Anne pour une porte extérieure demandée par le seigneur du Mée, M de Luciot, en compensation du pavage de l’église et de l’élargissement de la croisée de la chapelle.
1770-1772 Remaniement de couverture avec des tuiles fournies par la « thuillery des jollyvaux paroisse de Tregny ».
1844 Réparations du chœur
1846 Construction de la sacristie
2000 Travaux de couverture, Jean-Marie Caillon, maire
2016 Travaux de couverture, Xavier Parent,maire
LA PETITE HISTOIRE DE LA CHAPELLE SAINTE ANNE, DITE AUSSI CHAPELLE DES COMTES (CHAPELLE LATERALE SUD)
Dans son journal paroissial, l’abbé Lucas mentionne le contrat signé en 1844 entre la fabrique et le baron du Havelt stipulant que toutes les réparations concernant cette chapelle seraient à la charge de la maison des Barres . L’abbé évoque la malpropreté et le mauvais entretien de cette chapelle et demande des travaux de réparations. Légataire universel du baron du Havelt, le comte Pierre de Kergorlay répond que c’est à la fabrique qu’incombe ces réparations. Devant le refus de l’abbé Lucas, défenseur des intérêts de l’église, un échange de lettres vif mais courtois permet d’éclaircir le désaccord. Il fut conclu qu’en abandonnant de la part de l’église la contestation sur l’origine de la propriété, la maison des Barres honorera la restauration de la chapelle dite des Comtes, et en jouira. C’est ainsi que fut confié à Thomas Douté, menuisier à Sainpuits, le soin d’entreprendre les travaux.
Extrait du Journal de l'abbé Lucas à ce sujet :
« Je dois mentionner ici que mon désir avait été de faire servir cette chapelle à abriter la statue de Notre Dame de Lourdes, mais monsieur le comte, tenait beaucoup à lui conserver son ancien vocable, c’est-à-dire celui de sainte Anne, mère de la bienheureuse vierge Marie, en pieux souvenir de sa regrettée épouse [Jeanne Marie Caroline de Faÿ de La Tour-Maubourg, décédée en 1875}, dont la sainte était la patronne. Je ne pus que me rendre à ce pieux désir »